Education maintenant, oui maintenant ! Oct12

Education maintenant, oui maintenant !...

Encore une page née sur ce Facebook. C’est décidément le virus du moment. Devant mon ordinateur de Casablancaise, bourrée de certitudes, je critique d’abord et clique ensuite. « Education maintenant », supportée par quelques 700 personnes, est le nom de cette « communauté », qui invite beaucoup de monde à se pencher sur « sa page », pleine de photos. Je clique un peu plus. Une chaîne humaine, expliquez-vous ? Des photos, une expo, un débat, une stratégie, une feuille de route ? Pour l’Education ? Pour tous ? Et maintenant, de surcroît ? « Comme c’est touchant et civilisé », ricane-je de mauvaise foi. Soudain, ce pollué de cerveau cale. Je tombe sur Soufiane. Ce petit garçon au sourire magique porte une ardoise sur laquelle est écrit, en majuscules : EDUCATION. Soufiane : 1, ma critique aisée : 0.   Oui petit, tu as bien raison. Tu auras 30 ans en… 2030 ? Comment ça sera à ton avis ? Tu y seras alors, ce jeune adulte, que l’on a envie de dessiner aujourd’hui, talentueux, confiant, se réalisant. Comme tous ces autres petits et petites, dont les sourires et les espérances, défilent sur cette page. Un autre clic, et voilà Rachida, 40 ans, femme de ménage : « l’Education c’est avoir conscience », est-il griffonné en arabe sur une ardoise qu’elle porte. La légende explique que Rachida n’a pas eu la chance d’avoir appris à lire et à écrire. La bravoure du combattant est gravée dans son regard. Mes hommages. La photo suivante présente Abdelkrim, 15 ans, « Attarbya ! Moustakbali, « Mon éducation, Mon avenir » a –t-il, lui, écrit. Bonne question. Comment ça sera demain ? Où veut-on aller ? Et surtout qu’est-ce qu’on est entrain de fabriquer? Oui, on sait, on sait. Tout le monde connaît le problème et tout le monde en a marre de rabâcher une épuisante banalité, qui n’émeut plus grand monde, et qui...

Le  complément  d’«objet» indirect Oct04

Le complément d’«objet» indirect...

L’infidélité  masculine  existe  probablement  depuis  le  jour  où  l’homme  a  décidé  de  jurer  fidélité  à  une  seule   femme, cette notion a traversé les époques, les religions et les révolutions et se porte toujours aussi bien. Un homme peut-il  se  contenter  d’une  seule  femme  ou  a-t-il  toujours  besoin  d’un  supplément  ou   complément à sa femme, l’objet  principal  de  son  désir ? D’après  mon  livre  de  grammaire  Le  Complément  d’Objet Indirect est rattaché au verbe indirectement par une préposition. Il est l’être ou la chose sur laquelle porte indirectement l’action exprimée par le verbe. Si  maintenant  nous  appliquons  cette  définition  à  l’archétype  du  mâle  national,  marié  par  foi  et  volage par conviction, nous avons là un sujet « Le mari », un verbe « Aimer », un objet « Sa femme », une pré(dis)position « L’infidélité » et un complément « La Maîtresse », Concubine, Seconde  épouse…des  noms   pour  désigner  l’autre,  l’officieuse,  celle  qu’on  cache,  celle  qu’on  désire. Il  existe  autant  de  maîtresses  que  d’époux  infidèles  chacune  sa  particularité, chacune sa motivation : il y a les commerçantes qui monnayent ces  instants  d’évasion, les passionnées que le danger attire et stimule plus que les relations monotones puis les autres les désespérées âmes sensibles et vulnérables qui tombent dans les filets de promesses faites sur un lit flottant. Voici un petit lexique non exhaustif pour reconnaître différents types de concubines des temps modernes : La catin : Elle est libérée, sexy, ouverte, sans vertu, souvent vénale /Lui souffre du syndrome de « la maman et la putain » C’est  un cas classique de la relation homme-femme depuis la nuit des temps, certains hommes sont,  en  effet,  incapables  de  désirer  la  femme  qu’ils  aiment  (qu’ils  respectent – comme maman), et incapables  d’aimer  la  femme  qu’ils...

2000 Dirhams de plus pour marier ma fille ! Oct01

2000 Dirhams de plus pour marier ma fille !...

Elle s’appelle Naima, elle a quinze ans. Elle vit dans un douar à 50 Km de Marrakech au sein d’une fratrie de 7 enfants. A l’instar de la majorité des filles du douar, Naïma a pu fréquenter les bancs de l’école quatre années seulement. Celles du primaire. En effet, le collège le plus proche se trouve à 20 Km de la maison et acquérir un vélo d’occasion à 300 Dhs pour s’y rendre représente un sacrifice impensable pour le budget familial ! Et puis, faut le dire, à quoi lui servira une instruction et un métier à Naïma puisque son destin de femme est de se marier et de s’occuper de son foyer ? Notre fille sera certainement mieux à la maison, à l’abri de klam ennass en a décidé le père. Rangés donc le cartable, le cahier, les crayons et ses rêves en couleurs de petite fille. Naïma ne sera ni institutrice ni doctoresse. Retour à la triste réalité et à la grisaille bouseuse de son quotidien. Naîma était devenue une petite main utile à la famille. Obéissante et résignée, elle aide sa maman dans les travaux domestiques, s’occupe du bétail et surveille ses petits frères et sœurs. Désormais, elle est conditionnée, formée et formatée pour trouver mari et s’occuper de sa progéniture. Et le plus tôt sera le mieux : dans le bled, on coiffe « sainte Catherine » à 18 ans, voire 16 ans ! Au delà de cet âge canonique, les jeunes filles ont dépassé la date limite de consommation et il est difficile de leur trouver preneur. A partir de ses 14 ans a démarré donc une intense prospection des parents, en quête du bon parti : un jeune homme issu d’une famille de la région (il faut avoir les mêmes valeurs, n’est-ce pas ?) qui...

L’innocence des « vrais » musulmans Sep16

L’innocence des « vrais » musulmans...

Je ne sais pas pour vous, mais je n’ai jamais vu un navet mortel! D’habitude, ça donne des gaz. ça cause des spasmes et au pire vous aurez le ventre ballonné, menaçant de vous étouffer à la première inspiration. Blague à part, je ne sais pas de quoi peut-on qualifier de ce qu’a engendré le navet cinématographique, le vomis du 7e art, « L’innocence des musulmans ». S’il est vrai que les extraits du film (s’il existe vraiment en totalité) révèlent un scénario d’une bassesse écoeurante, les réactions qu’il a suscitées sont incontestablement criminelles. Tueries, saccages, attentats… pour témoigner l’amour au prophète de la religion de la paix! J’en ai voulu aux autorités dans tous ses pays là qui ont laissé libre court à la rage humaine, alors qu’ils n’hésitent pas à matraquer les manifestants pacifistes, aux revendications sociales et politiques. Si les autorités le voulaient, elles n’auraient jamais permis des actes aussi mesquins et criminels. On se demanderait presque si le but n’est pas de donner au monde cette image de pays de sauvages qui méritent d’être matés et de dissiper toute compassion envers nos revendications démocratiques. J’en ai voulu aussi à nos théologiens qui passent leur temps à prêcher, sans jamais aborder l’essentiel. Je leur en ai voulu de cultiver la haine de l’autre, en faisant croire aux musulmans qu’ils sont le peuple élu à la place du peuple élu, à faire la différence entre les gens en se basant sur leur race et leur croyance, comme si Dieu avait créer des gens pour s’amuser, d’autres pour le barbecue. J’en ai voulu aux professeurs des écoles qui n’ayant pas de programme pour l’ouverture des esprits, ne font pas preuve d’imagination pour cultiver le respect et l’amour entre les gens. Bourrage de crâne, blocage cognitif et zéro...

Sur la route de la mort Sep14

Sur la route de la mort...

Ils sont 42 (d’après Le Matin du Sahara) à avoir rendu l’âme, dont 5 à l’hôpital, mardi 4 septembre 2012, dans le silence et l’obscurité de la nuit, dans le tragique accident de circulation survenu dans la province d’Al Haouz. A ceux-ci s’ajoutent 24 blessés. Cette date est à marquer d’une pierre noire dans la vie de leurs proches. Les survivants, eux, bien qu’ils aient la vie sauve, ne sortiront pas indemnes de cette terrible épreuve. Certains hériteront d’un handicap physique parfois irréversible, d’autres d’un traumatisme mental et, pour les moins malchanceux d’entre eux, de troubles et de perturbations psychologiques à vie. En somme, pour les défunts comme pour les survivants, c’était le mauvais moment, l’endroit où il ne fallait surtout pas se trouver. Pourquoi alors y étaient-ils ? Seule/seul face à Gabriel En s’embarquant dans cet autocar, ils n’avaient d’autre finalité que d’emprunter ce moyen de transport public, à la portée de leurs petites bourses, pour se déplacer, se rendre d’un point A à un point B, chacune/chacun, obéissant à une raison le concernant, raison plus ou moins banale, liée aux exigences d’une mobilité qui se trouve être inscrite dans les gènes des espèces humaine et animale. Ils étaient à mille lieux de se douter qu’ils s’embraquaient, alors, pour leur ultime voyage. Ils passeront, ainsi, de vie à trépas sans y avoir été préparés ni eux-mêmes ni les leurs. Bien que personne ne puisse prévoir, avec certitude, ni la date, ni le lieu de sa mort, il y a cependant des situations qui nous permettent, d’une façon générale, de pressentir que notre fin est proche ou imminente, avec cette réserve qu’aveuglés par notre attachement à la vie, nous avons plutôt tendance à la situer à un horizon toujours plus lointain. Parmi ces situations,...

La promenade Sep07

La promenade

Je marche gaiement dans la rue sans prêter attention au gardien édenté qui me reluque ni  le shnock qui s’arrête dans sa voiture de shnock. La rue grouille de misère et de victuailles dans le chahut agité d’une foule d’hommes excitée à la vue des femmes venues faire leur marché. Tous les matins un trauma érotique se produit auprès de la CSP Commerçant Ambulant. Les odeurs de poissons  d’égouts et de sueur se mêlent à celles de roses et de viande fraîches. Des gardiens de voitures courent dans tous les sens la main tendue des vendeurs à la sauvette brandissent leurs accessoires contrefaits pour les planter sous le nez  des fervents retirent leur chaussures au pied de la mosquée  pendant que le muezzin claironne un appel à la prière et que l’imam récite son sermon en roulant de grands yeux terrifiants. J’ai pas envie d’apprécier ce moment pour son pittoresque je déteste ça. Le pittoresque j’entends. Et en même temps je peux pas m’en empêcher si je veux être dans  et hors  ce moment. Je comprends pas toujours mes contradictions mais  j’ai décidé de les laisser vivre et au moment je trouverai  ça drôle ou détestable. Merde ce qu’on est compliqué. Enfin c’est l’entrée d’un marché. J’entre par curiosité. Les marchands à la face craquelée de ridules  s’en donnent à cœur joie : «   Hey, Guadaloupe, c’est moi Rodriguo ! Guadaloupe bellissima ! Moi je veux bien me marier tout de suite je te ferai pas languir autant d’années. Eh Guadaloupe ! » Ils sont pliés.  Moi aussi je dois dire. Au fait Guadaloupe c’est la héroïne d’une télénovela qui a marqué une génération de marocains au point qu’elle est venue en visite officielle au Royaume. Elle est apparue sur nos chaînes nationales qui soit dit en passant sont franchement...

Les routes de la déroute Sep05

Les routes de la déroute...

Un accident de la route, ça arrive… La mort c’est une fatalité. Mais alors quelle rage lorsque les accidents de la voie publique deviennent la première cause de mortalité au Maroc ! C’est à croire que l’on est incapable de maîtriser des engins inventés et conduits partout par l’homme. Si l’état de nos routes laisse à désirer, il est clair que nous sommes les premiers à blâmer dans cette catastrophe. On savait déjà que les efforts de Ghellab n’aboutiraient à rien. Au mieux quelques malheureux en prison, au pire un bakchich qui prend les dimensions d’un cachet. Si l’ancien Ministre des transports était sincère à croire que son nouveau code allait sauver le pays, il a été d’une naïveté sans borne à penser que les marocains s’en tiendraient à ses lois. Quand on peut s’en sortir de tout à coup de malheureux pourboires, pourquoi s’encombrer de discipline et de scrupule ? Et les meilleures d’entre-nous ont cédé à la pression d’un agent qui, la plupart du temps, nous a arrêté pour de bonnes raisons. Comment peut-on aspirer à l’application de la loi par l’autre lorsqu’on est incapable de la respecter et de payer pour tout dérapage? Non, Monsieur Ghellab n’est pas naïf. Il savait qu’on ne change pas un mentalité du jour au lendemain. Alors il a pensé à mettre un peu plus de contraintes. Un chauffeur de taxi criant à l’injustice, après avoir grillé le feu rouge, tentait d’apitoyer m’sieur l’agent en lui lançant : « Mais tu me connais mon ami! Tu prends toujours la même somme. Qu’est-ce qui a changé? ». Expliquer à ce chauffeur de taxi qu’il est doublement criminel et multirécidiviste te passerait pour un demeuré, un idéaliste, car au Maroc ça ne se passe pas comme ça!  Dès le premier jour, on...

Ramadan and the city Août15

Ramadan and the city

Ramadan touche à sa faim, il l’a épuisée. Il faut dire que ce mois sacré nous a sacrément entamé l’équilibre biologique cette année. Canicule, soirées tardives, réveil lascif, tout le monde tente de redessiner des repères d’une manière très perso. Je ne vais pas en remettre une couche sur l’explosion de la consommation, sur la boulimie nocturne et les cafés plein à ras-bord, ni sur les taxis qui s’essaient en rallye hardcore ou ceux qui revendiquent leur droit pur et simple d’être grincheux et non-productifs. Je veux simplement faire un petit zoom sur les drôleries ramadanesques que j’ai vécues en ce joli mois qui, bien qu’il traine une armada d’effets secondaires franchement pas plaisants, reste, il faut bien l’avouer, une tradition bien enracinée dans la culture Maroc. Dès le début du Ramadan, une drôle d’atmosphère s’abat sur les gens. Sans vouloir tomber dans les stéréotypes, une petite typologie des profils ramadanesques se dessine. Vous me permettrait  mes chers, féministe que je suis, de me limiter aux variantes féminines.   Ramadan’s Women La battante convaincue : « Même pas faim, même pas soif ». Tel est le credo de la battante. En gros, elle prend le ramadan avec une abnégation surprenante, sans plainte, ni baisse de morale (profil des plus rarissimes, surtout avec la chaleur ambiante). A retrouver en 4ème semaine, à 2 de tension mais toujours souriante. L’assommée: Fumeuse chevronnée, le ramadan s’apparente pour elle à un marathon olympique de la torture. Chaque année, elle décide d’arrêter pendant cette période (parce-que-de-tout-façon-c’est-impo-en- journée). Elle passe sa journée dans un état proche de l’inconscience, regrettant le jour où elle a commencé à fumer. Toutefois, une grosse récompense l’attend à l’heure de la rupture du jeune : THE CLOPE post-ftour, où plutôt l’entracte clope, car il faut bien reprendre son souffle...

Et si nous donnions la vie ? Juin22

Et si nous donnions la vie ?...

J’y réfléchis depuis un bon moment. Ça ne me coûte rien et ça fera beaucoup de bien à beaucoup de monde. Un petit déplacement au tribunal de première instance de ma ville et une signature. Autour d’un café avec un ami assez « moderne » et « 9ari » (les deux mots à redéfinir), j’ai eu la conversation suivante : Moi : Et si je décidais de faire don de mes organes après ma mort ? Mon ami : Mais tu es sérieuse ?! Moi : Et pourquoi je ne le serai pas ? Tu sais, une fois sous la terre, il semble que je n’aurai plus besoin de mes yeux, ni de mon cœur, ni de mes reins… Mon ami : Tu imagines un peu ce que c’est d’être découpé en morceaux ? Moi : Je n’ai pas besoin d’imaginer, je serai morte. Mon ami : Et tu as pensé à ta famille ? A la peine qu’ils auront quand au lieu d’aller enterrer en paix le corps de leur fille aimée ils enterreront un corps vide ! Moi : De toutes les façons je serai un corps vide. Je suis morte. Mon ami : Ils refuseront de laisser faire, j’en suis certain. Moi : Ils ne s’y opposeront pas, j’en suis certaine. Et puis…C’est bien de mon corps qu’il s’agit, et j’ai bien tout les droits d’en faire ce que je veux. Et tu imagines toi, combien de corps reviendront à la vie « grâce » à ma mort ? Tu imagines combien de visages s’illumineront de sourires, combien de larmes sécheront et combien de cœurs trouveront la paix ? Tu imagines ce que c’est de pouvoir redonner la vie à un être quand nous même l’avons perdue ? Mon ami : Oui, j’avoue que sauver une vie est une chose formidable. Et puis…c’est vrai, c’est de ton corps qu’il s’agit et tu as bien le droit d’en faire...

Et s’il existait vraiment? Juin19

Et s’il existait vraiment?...

Je suis cette femme enfant qui a réglé tous ses soucis psychologiques, y compris ceux de son horloge biologique, puisque j’ai un magnifique bébé de 3 ans, je me suis séparée de son père quand j’étais enceinte de 4 mois et nous ne sommes jamais aussi bien entendus que depuis le divorce. Je suis cette femme enfant qui peut s’offrir tout ce qu’elle veut, et qui de toute façon n’a pas besoin de grand-chose (de matériel en tout cas), qui a appris à changer ses joints de robinet toute seule, qui fait de la Zumba trois fois par semaine pour pouvoir se passer de muscles masculins au quotidien, qui n’a pas forcément besoin d’une présence 24h/24 pour la rassurer sur sa capacité de séduction, qui a des amis pour la faire rire et s’inquiéter pour elle, qui fait ses courses toute seule ou se fait livrer, qui est entourée par sa famille et totalement comblée par une vie professionnelle stimulante, qui plaît, séduit (en tout cas pour le moment), qui n’a aucune pression familiale du genre  « ewa imta ghadi tjouwji ? » (alors tu te maries quand?) ou du style  » Ewa ouldek khessou chi rajel f ddar » (ton fils a besoin d’un homme à la maison), bref une femme de 36 ans qui est parfaitement heureuse, comblée et épanouie …. Et pourtant,  il manque quelqu’un… quand elle se sent fragile et qu’elle a peur. Il manque quelqu’un quand elle est heureuse et a envie de le dire (pas forcement avec des mots), quand elle a envie de sentir un parfum masculin sur son oreiller, quand elle a besoin de se sentir en sécurité dans ses bras… ou tout simplement le regarder cuisiner pour elle et l’écouter lui raconter sa journée en se disant… c’est LUI…...

On achève bien les célibataires ! Juin04

On achève bien les célibataires !...

Dans notre société traditionnelle, le mariage pour une femme représente l’Ultimate consécration. Les parents peuvent enfin souffler avant de dévier leur stress sur leur plus jeune fille. Une femme a beau gravir les échelons professionnels, avoir la belle vie, voyager, elle ne sera « complète » aux yeux de son entourage qu’une fois mariée. Une copine me raconte : » Je me suis retrouvée, il y a quelques jours, invitée à un dîner ou j’étais la seule célibataire. Un vrai massacre : À peine elle m’a ouvert la porte, que la maîtresse de maison ne me regardait plus. Elle cherchait derrière mon dos mon éventuel compagnon. Ne voyant personne, elle a lancé un regard franc à ma main avant de découvrir mon annulaire nu de toute alliance. Une fois à table, je sentais déjà que j’étais l’intruse, le sujet, la contaminée, tout tournait autour du « problème » : IL FAUT LA CASER !!! Du coup chacun me vendait un cousin, un ami ou un collègue « célibataire-bien-sous-tout-rapport-qui-cherche-à-se-caser ». En partant de chez mes tortionnaires, j’ai eu droit à une petite tape sur l’épaule et au classique  » t’iiiiiiiinquiète ma chérie, tu seras la prochaine, il suffit juste de te montrer plus sérieuse…»! Le célibat de ma copine, à un âge où la majorité des femmes pouponnent en vantant les avantages du lait maternel, était forcément perçu comme une situation qu’elle subissait. Elle avait beau argumenter sur son besoin d’indépendance, ses envies de voyager… Elles rebondissaient en parlant de vrai engagement et des joies de la maternité. Être célibataire ,en plus l’assumer et de s’assumer, n’est apparemment pas crédible étant donné que notre contexte socio-culturel n’admet aucun modèle alternatif au mariage. C’est vrai que dans une société où les libertés individuelles sont soumises au poids des traditions, être une trentenaire célibataire...

المزيــدُ من أَمِينــــات…المزيـــدُ من وأد الأُمْنيّــــات 
 Mai28

المزيــدُ من أَمِينــــات…المزيـــدُ من وأد الأُمْنيّــــات 
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و الدور آتٍ على منْ؟؟ أظنّ أنّ كل امرأة هي الآن مشروع للإغتصاب بامتياز؛ فقدتُ تلك النظرة الورديّــة في العيش مع نصفي الثاني بكرامـــة، فأنا اليوم مطالبة بالحذر أكثر، بتّ أصعَدُ سلم العمارة و كلي وساوس من مترصد لي خلف الطوابق، و إن ركبت الحافلة و جلس بجانبي رجل طلبتُ من السائق رجاء إبدالي حيث تجلس فتاة و حتى حين أتجول بتّ لا أتعدى الساعة السادسة (وقت خروجي من العمل أصلا) حتى لا أحاسب نفسي عن التجول في مدينة لا نورٌ في شوارعها و لا ذكر واعٍ.  1 صدّقوني تفاصيل الخوف لم يكن وليد مرض نفسي عابر أو نتاجا لموقف سخيف وجب علي تجاوزه ؛ فروايات عديدة بلسان المتحرشات و في الأخبار جعلت الأمر متفشّ لدرجة أنه لم يمر عليّ يوم واحد عن ضجة أمينة لأجدني في موقف لا يحسد عليه، و ترجع الوقائع ليوم سبت حين تعرّضت للتحرش من »صغير » يسكن بحيّنا ؛ كنتُ أعتقدُه « صغيراَ » لولا موقف تحرشه هذا ؛ فما علمتُ قطّ متى تربت له ذقن الخشونة و متى تنامت عضلات الإهانات ؟  ربما كان التقاطي لمثل هاته التغيرات الجسمانية نقص معلومات و تربية ؛ فهم علّموني من وظيفتي أن أكون بين تلامذتي كأُمّ مُربيّــة لا كمُدرّسة ؛ و كأخت في العمل قبل أن أكون الزّميلة ؛ أعاملُ الكلّ بابتسامة استباق النيّة الحسنة كما تربينا أن « الإبتسامة في وجه أخينا المسلم..صدقة ». كُنتُ أظنني بابتسامتي العادية جدّاَ قادرة على إضفاء الهدنة على من أعرفهم و من لا أعرفهم، هي ابتسامة ككل النساء الكادحات بحجاب أو بدونه، ككل أقنعة الروتين حين نرسم القليل من السلام على وجوهنا المتعبة /الفرحة، كنتُ أظنّ أني أبتسم لهذا الولد « الصغير » في نظري، « الفحل » في نظره و كأنني أنظر إلى تلامذتي ممن داهمتهم المراهقة على غفلة منّي و كبروا مرة واحدة دون أن أعي و دون أيضا أن ترى الأم الساكنة بين أضلعي أن صغارها يظلون صغارا مهما فرُع...

Le viol disiez-vous? Mai17

Le viol disiez-vous?

Dernièrement, avec le cas Filali, on parle de plus en plus du “viol”, ce mot est scandé sans cesse. Un tabou jusque-là scellé, entre culpabilisation et honneur, s’est montré au grand jour. Mais les Marocains comprennent-ils vraiment la signification du mot ? En regardant un micro-trottoir sur une chaine marocaine, j’ai commencé à en douter sérieusement. “Le viol est inacceptable, même lorsqu’il est voulu…”, “Le violeur et la fille doivent tous deux être punis »… et j’en passe de phrases contradictoires entendues auprès du Marocain lambda. Alors c’est ainsi que conçoivent les Marocains le viol? Sans vouloir insulter l’intelligence de qui que ce soit, c’est bel et bien le cas d’une tranche encore très large de la société marocaine. Ce problème de compréhension n’est pas une déficience, c’est un produit culturel complexe. Reste que ce genre d’incompréhension est le plus souvent criminel. Grande confusion : le viol et le rapport sexuel Ce qui ressort dans la plupart des témoignages est une confusion majeure entre le viol, qui est un acte sexuel subi, non voulu, qui est une forme de violence imposée à autrui, et le rapport sexuel qui, comme son nom l’indique, évoque l’idée d’une réciprocité et donc d’un acte librement choisi. Pour ce Marocain (et cette Marocaine!) là que j’ai entendu au fil des témoignages, le viol désignerait tout rapport sexuel prémarital, voulu ou non, ou plus exactement : toute rupture de l’hymen par laquelle l’honneur de la femme en question (et donc sa valeur, s’entend) se retrouve dégradée. Dans cette conception-là, on résume arbitrairement la valeur d’un être humain – à savoir la femme – dans une partie minime et intime de son anatomie. Risible, vous ne trouvez pas ? Résumer la valeur d’une personne à quelques centimètres de sa chair … « Mais...

« Hmara, parle en arabe ou bien fous le camp du Maroc ! » Mai11

« Hmara, parle en arabe ou bien fous le camp du Maroc ! »...

Quand notre travail, nos reportages, nos chroniques d’opinion sont publiés, ils sont par définition exposés au public. Quand on s’expose, on s’expose à la critique, c’est comme ça, c’est normal, ce n’est pas un problème et c’est souvent même nécessaire. Car s’exposer, c’est partager avec le plus grand nombre, c’est prendre le risque de ne pas toujours plaire à tout le monde, c’est s’inscrire dans un projet de débat public. Je suis photographe, journaliste, réalisatrice, et depuis peu présentatrice télé. Mes émissions sont diffusées en prime time sur 2M, chaine télévisée nationale marocaine qui a fait le choix d’être bilingue et de diffuser ses programmes en arabe et en français. Elle est un des reflets de notre identité culturelle plurielle. Cela n’a jamais été un problème ni une source de conflit. Pourtant j’ai reçu un message qui suscite une interrogation. Une personne, sous couvert d’anonymat, m’a écrit : « Hmara, parle en arabe ou bien fous le camp du Maroc ». Les choses sont-elles en train de changer ? Cette insulte marginale ne me touche pas à titre personnel. En revanche je me demande s’il faut y voir ou non le symptôme et les prémices d’une pathologie culturelle, sociale, contagieuse. Merci d’avoir partagé vos commentaires et surtout merci d’avoir participé au débat, d’avoir contribué à cette réflexion collective, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. Car vous comprendrez, je le sais, que ce débat lancé en partageant avec vous un commentaire qui m’a été fait, en demandant votre avis et en vous demandant de réagir, c’est bien de cela qu’il est question. Il ne s’agit pas de me défendre, moi en tant que personne, même si ce soutien me touche car oui, votre soutien donne des ailes et me pousse… Mais il s’agit de défendre nos...

Je me casse de chez vous ! Mai07

Je me casse de chez vous !...

Vivre chez ses parents à 40 ans peut sembler banal, voire évident dans notre société et tout naturellement fatal quand on est née dans le sexe faible. Car au Maroc, tant que tu n’es pas casée, tu es traitée en être jeune, irresponsable et potentielle source à problèmes, ben voyons ! Pas étonnant en un sens. Une société à la sexualité refoulée ne peut qu’associer liberté à débauche. Je me suis longtemps demandé, comme tout le monde je suppose, pour quelle raison l’homme échappait à ces restrictions. Je suis partie dans toute une analyse à la noix que j’ai dissoute dans un bol de hrira un jour de grosse déprime. Mais ça, c’est une autre histoire. En parlant de restrictions, je pense en ce moment à la liberté de vivre seule, au bled. J’ai passé la nuit à imaginer la scène où je leur dirai que je vivrai seule. Ma mère me regardera avec dédain comme si j’avais dit une énième bêtise qui ne ferait que renforcer le manque d’estime qu’elle a pour moi. Parce que le manque d’estime est quasi indissociable du statut de vieille célibataire : vieille fille c’est certainement une invention féminine, seule une femme peut et sait blesser une autre femme ! Passés les « Meskina » et les « llah ydir li fiha lkhir », on se retourne pour se délecter du petit confort de sa petite vie de famille (même si pas confortable pour un sou !) en remerciant le tout puissant de nous avoir évité cette poisse. Non pas poisse… ce n’est même pas pris pour une malédiction mais pour une incompétence, un échec, une incapacité à attirer, à séduire, à donner envie à un homme de faire sa vie avec toi. Même si c’est toi qui...

Les « Prassons » du Royaume ! Avr23

Les « Prassons » du Royaume !...

Vous avez tous regardé ou entendu parler de la vidéo du « Prasson », celle où deux petits écoliers Marocains, très fanatiques du football, parlent innocemment à un jeune homme entrain de les filmer. Ce jeune, demanda à l’un de ces enfants de lire ce qui est écrit sur le t-shirt de son copain, le petit commença à épeler les lettres   , « êtes = Z, D= T, i=L … », et le tout selon lui, donne « LE PRASSON ». Alors qu’il s’agissait en fait  de «  ZIDANE ». Cette vidéo qui provoque autant de  rire que d’effarement, n’est pas unique en son genre, vous  trouverez facilement une dizaine d’autres sur internet, où des Marocains  ayant eu « la chance » de comprendre le Français, mènent des discussions avec des enfants moins chanceux, qui représentent un bon nombre de victimes de notre système éducatif national, juste pour le plaisir et le fun. Le fameux Prasson a créé un véritable buzz, au point de  réussir à  rencontrer  certains  joueurs du Raja , son équipe  favorite, et à prendre des photos avec eux. Des jeunes sont même allés jusqu’à lui dédier une page officielle sur Facebook. Dans cette même vidéo, le petit môme montre à la caméra son bras pleins de cicatrices, témoignant de son usage de la drogue ou « l’kala » d’après ses  innocentes affirmations.  Comme tous ceux qui ont regardé la vidéo, j’ai eu un énorme fou rire. Mais peu de temps après, je me suis posée la question de savoir ce qui pourrait m’amuser en voyant un petit garçon, soit disant écolier, incapable de lire des lettres alphabétiques, et en parfaite connaissance des résultats du Raja. Ce garçon est un  échantillon très représentatif de beaucoup d’enfants  de son âge, j’en ai rencontré des dizaines lors des ateliers que j’encadrais dans des écoles publiques,...

Betty et le divorce Avr13

Betty et le divorce

Betty et le divorce Posté par Ghita Lamharzi le 13 avr 2012 dans Focus | 10 commentaires Nom : Batoule pour ses parents et l’état civil, Betty pour le reste du monde. Âge : Ça fait des années que son horloge biologique s’est arrêtée à 26 ans. Statut : Divorcée mais ouverte aux propositions. Nationalité : Marocaine mais quand ça l’arrange. Hobbies : Le chouffing et pratique de temps à autre le nguirisme. Divers : Se dit ouverte d’esprit, émancipée, autonome, et indépendante sur tous les points, quand ça l’arrange aussi. Mais dépendante de sa mère, du chocolat, du shopping, de la cigarette et des culbutes. Ca y est enfin, je me réveille et je suis DI-VO-R-CEE. Ca a été dur avec cette nouvelle Moudwana, car maintenant c’est mon mari qui demande la pension alimentaire : ewa safi hia li b9ate!!!!! Je me réveille le cerveau en compote mais plein de bonnes résolutions. C’est à peine si je peux siroter mon café, siffler ma cigarette du matin et me préparer pour le boulot. Il faut dire qu’il était temps. Quand même, un mois de congé essayant de sortir de ma pseudo-dépression, allant voir mon psy chaque jour et le harcelant au téléphone à tout bout de champs ; à croire que c’est lui mon ex, quoique j’aurais bien aimé me taper mon psy… Mouhim passons ! Après les « saluts » et les « fayene ghbourek», les questions sur mon nouveau statut fusent et infusent. Entre les « meskina,tu es encore jeune et tu es non seulement célibataire mais pire DIVORCEE » ou encore les « c’est toi qui l’a cherché ! Quand même tu aurais pu tsebri… inna allah ma3a sabirine!!! ». Passons aussi les regards prédateurs des mâles de ma boîte :...

Nous ne voulons plus d’autres Amina ! Mar22

Nous ne voulons plus d’autres Amina !...

Nous ne voulons plus d’autres Amina ! Posté par Ranya Lamhamdi le 22 mar 2012 dans Focus | 15 commentaires Hallucinant : Madame Bassima Hakkaoui, la Ministre Marocaine de la Femme, de la Famille, de la Solidarité et du Développement social vient de déclarer aujourd’hui que le mariage de la violée à son violeur ne lui porte pas un réel préjudice. Certes, une telle affirmation provenant d’une Ministre conservatrice n’est pas très surprenante. Toutefois, le fait d’être à la tête d’un ministère censé défendre les droits de la femme et instaurer une certaine solidarité sociale, exige que l’on ait plus de rigueur et de vigilance vis-à-vis de tout acte portant atteinte à la dignité des femmes et déstabilisant l’ordre social, ce qui est en parfaite incohérence avec les agissements et les propos de Madame la ministre. Marier une victime à son violeur, c’est camoufler un crime par un autre. Le plus grand préjudice que puisse subir une Femme, est de ne pas lui rendre justice, en s’abstenant de mettre derrière les barreaux celui qui l’a violée de sang-froid. L’affaire d’Amina Filali ,la jeune fille âgée de 16 ans, ayant mis fin à sa vie en absorbant de la mort aux rats après avoir été forcée d’épouser son violeur , a fait couler beaucoup d’ancre et a suscité la fureur des féministes et activistes des Droits de l’Homme. Cette adolescente a été à la fois violée par un pédophile, par les traditions injustes de la société et par l’article 475 du code pénal, qui protège implicitement l’agresseur en l’épargnant de la poursuite judiciaire, au cas où il accepte d’épouser sa victime. L’origine de ce malheur, n’est autre que la volonté de masquer un crime, qui ne fera que culpabiliser la victime et nuire à l’honneur...

La virginité : un fantasme socio-masculin Mar14

La virginité : un fantasme socio-masculin...

La virginité : un fantasme socio-masculin Posté par Hanane Almajidi le 14 mar 2012 dans Focus | 15 commentaires La question des rapports de genre prend de plus en plus d’ampleur particulièrement quand elle est liée à la perception du féminin. A l’heure actuelle, les femmes font toujours face à une image figée qui les dépossède de leur corps et le transforme en une propriété publique. Des croyances et pratiques s’érigent en codes et lois imposant aux femmes un comportement approprié. En effet, on leur indiquant un code comportemental, les femmes l’incorporent et l’inscrivent sur leur corps. Cette stratégie serait un fantasme patriarcal dédoublé en raison de sa visée à la fois spatiale et corporelle. La chasteté est une vertu qu’on inculque aux filles depuis leur jeune âge, elle est donc un élément constitutif dans la construction de l’identité féminine. De ce fait, un ensemble de pratiques rituelles accompagne les filles et s’accentue vers l’âge de la puberté. Précieuse autan que la vie, cette partie intérieure du corps doit être protégée pour celui qui la mérite. Cette membrane qui obstrue l’intérieur du sexe féminin est d’une importance toute particulière dans la mesure où elle détermine la vie non seulement conjugale de la femme mais aussi sa vie sociale. En revanche, les hommes ne sont pas concernés par cette « pureté sexuelle », s’autorisent des relations sexuelles avant le mariage et ne sauvegardent aucune partie de leur corps pour leur future mariée. Il appert que la question de la virginité soit la résultante de nombreuses représentations sociales qui mettent les femmes dans un carcan orthodoxe. Alors que le texte religieux condamne toutes les relations sexuelles hors l’institution du mariage, la société s’en prend seulement aux femmes. De ce point de vue, la virginité comme code...

Majdouline Lyazidi, de Woman Choufouch, s’apprête à marcher Mar13

Majdouline Lyazidi, de Woman Choufouch, s’apprête à marcher...

Majdouline Lyazidi, de Woman Choufouch, s’apprête à marcher Posté par Fedwa Ghanima Bouzit le 13 mar 2012 dans Focus | 2 commentaires Vous avez lancé, le 13 août 2011, le mouvement »Woman Choufouch » qui fait écho aux marches dites « Slut walk », qui ont débuté au Canada pour s’étendre à plusieurs pays. Quelles ont été vos principales motivations? Et qu’est ce qui vous a encouragé à les concrétiser ? Après avoir suivi l’actualité des SlutWalk pour un bon moment, ce fut comme un déclic. Si je ne menais pas une action contre le phénomène « pss pss a zine » maintenant, peut-être que je ne le ferai jamais ! J’avais toujours eu envie de faire quelque chose sans jamais vraiment passer à l’action, mais cette fois-ci, j’avais contacté les fondatrices de SlutWalk Toronto (les premières à avoir lancé le mouvement). Après avoir eu leur bénédiction, j’ai lancé la page de la cause. Celle-ci est adaptée à la société marocaine, il ne s’agissait pas de s’habiller en petite tenue et sortir manifester ni encore de se proclamer « salopes et fières de l’être », il ne s’agissait pas de transposer un modèle occidental à la société marocaine, loin de là. Quoique j’avoue avoir adoré l’appellation provocatrice de SlutWalk, parce qu’elle choque mais surtout parce que les fondatrices de SlutWalk ont repris le terme qu’avait utilisé l’officier de police contre elles pour le dénuer de son sens premier. Mais il nous fallait bien un nom qui puisse parler à l’ensemble de la société marocaine, parce qu’il s’agit d’une cause qui nous concerne toutes, quel que soit notre âge, notre profession ou notre milieu social. Le nom « Woman Choufouch » nous a été proposée par Layla Belmahi et nous sommes actifs depuis août 2011....