IVG : À quand la fin de la clandestinité? Mar09

IVG : À quand la fin de la clandestinité?...

Si la décision de démettre le Professeur Chraibi de son poste de chef de service de la mythique maternité « les orangers » du CHU de Rabat a suscité un véritable tollé, par médias interposés, et un élan de solidarité tous azimuts avec ce courageux médecin, ceci a surtout remis en surface l’un des sujets tabous de notre société : l’avortement ou la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Pour rappel, cette décision ministérielle a été expliquée par le tournage non « autorisé », pour le compte de la deuxième chaine française, d’une enquête sur les conséquences de la pénalisation de l’avortement qui devient ainsi une pratique clandestine aux conséquences fâcheuses, aussi bien pour la femme qui y recourt et pour toute la société. L’avortement, un mot qui systématiquement renverrait, même pour des têtes d’apparence bien constituées, à débauches, obscénités, légèreté de mœurs… Pourtant, et ce n’est pas moi qui vais vous l’apprendre : recourir à l’IVG peut être salvateur dans des cas où le risque pour la santé physique et psychique aussi bien de la mère que de l’enfant à naître, est avéré. Voir ce débat refaire surface me rappelle les cas d’avortement que j’ai vécus auprès d’amies et proches, instruites, mariées et pour certaines mêmes voilées. Des femmes responsables qui, se trouvant face à une grossesse non désirée, se doivent trouver au plus vite une solution, les maris préférant faire l’autruche, en attendant que leurs courageuses femmes leur annoncent la fin du cauchemar. Voir ce débat refaire surface me rappelle le jour où j’ai accompagné l’une d’entre elles, sur conseil d’une femme de ménage, chez un vieil herboriste dans la vieille médina pour acheter des herbes qui n’ont de miraculeux que la description qu’en a faite notre conseillère du jour. Cela me rappelle aussi notre haletante...

La mort au ventre : un suicide à petites bouchées Nov22

La mort au ventre : un suicide à petites bouchées...

Ecrasées par le poids des attentes de nos familles, soumises aux regards critiques de nos voisins et enchaînées par la perception qu’a le monde de la femme parfaite et accomplie, nous nous plions tant bien que mal à toutes ces exigences oppressantes. Pourtant, étouffer ses aspirations en faveur de la bienséance contribue à de nombreux ravages psychologiques. Outre les troubles de la personnalité et les dépressions qu’engendre cet état de fait, les thérapeutes identifient également des symptômes moins décelables tels que les troubles de l’humeur et les troubles du comportement alimentaire (TCA). Les TCA regroupent des troubles tels que l’anorexie mentale, la boulimie, l’hyperphagie, l’orthorexie ou encore la néophobie alimentaire. Il ne s’agit là que de symptômes qui révèlent un mal-être bien plus profond chez les malades. Pourtant, ils sont d’autant moins détectables qu’ils sont parfaitement cachés par leurs victimes. Ces maladies touchent essentiellement des femmes, mais ne se limitent pas à celles-ci. Terrifiées et honteuses, très peu d’entre elles osent en parler au risque de s’entendre dire « jem3i rassek ou diri 3aqlek ! » (Ressais-toi et mûris). Pourtant, les personnes souffrant de TCA ne manquent ni de volonté ni d’ambitions. Trop longtemps étouffées, elles manquent seulement d’estime pour elles-mêmes et d’une identité qu’elles aliènent à leurs familles, leurs maris, leurs employeurs ainsi qu’à la société toute entière. Les TCA ne connaissent aucune barrière sociale et peuvent se révéler à l’adolescence ou à l’âge adulte. Mais en général, les causes à l’origine de ces maladies apparaissent dès la petite enfance au sein du foyer. Brimades, jugements, privations, culpabilisations, sobriquets péjoratifs et violences ordinaires, sous couvert de l’humour ou de l’éducation, alimentent le terreau où germent les TCA. L’anorexie mentale, qui consiste à réduire drastiquement l’apport de nourriture ou à se priver de celle-ci,...

Et si on prenait le courage d’être soi-même? Déc10

Et si on prenait le courage d’être soi-même?...

Dimanche 25 Novembre 2012, J’ai eu le plaisir d’assister au séminaire « Le courage d’être soi », animé par le fameux jardinier des relations humaines Jacques Salomé. M. Salomé a fait un petit aperçu sur la thématique en mettant en exergue le fait que ceux qui s’engagent dans ce courage deviennent plus vivants. Dans un élan de lucidité, il a avoué avoir été un infirme de la communication, quelqu’un qui ne savait pas dire « Non », au point qu’il est devenu « une poubelle »pour les autres, tant il recevait tout de son entourage. Son père géniteur ne l’avait pas reconnu enfant, un peu comme sa grand-mère qui n’avait pas reconnu sa mère. Ce n’est qu’à partir de ses 36 ans qu’il a entamé un vrai travail sur lui-même, sur sa communication, son relationnel ainsi que sur la quête de ses origines. Un parcours tumultueux qui a engendré plus de 60 ouvrages, aussi intéressants les uns que les autres. Ce courage d’être soi se base sur 4 paliers : 1/ S’aimer : Si vous ne vous aimez pas, vous serez dans le besoin d’être aimé et cela n’est pas de l’amour. Une femme qui accepte tout de son conjoint dans l’espoir qu’il l’aime et qu’il ne l’abandonne pas, risque de passer toute sa vie dans la dépendance. Si elle s’aime assez, même si elle est rejetée, elle va en souffrir, mais sans tomber dans la dépression pour autant. 2/ Se respecter : C’est apprendre à être congruent ; être cohérent entre ce que je dis et ce que je pense, ce que je ressens et ce que je dis, ce que je pense et ce que je fais… En ce sens, sa citation illustre bien ce concept : « Apprenez à dire de vrais Non, ça vous apprendra à dire de vrais Oui ». 3/ Se responsabiliser...

Pr Chafik Chraïbi : l’avortement peut sauver la mère du suicide social Jan25

Pr Chafik Chraïbi : l’avortement peut sauver la mère du suicide social...

New York Times a consacré un article, il y a plus d’une semaine, à la question de l’avortement et à la position favorable du leader du Parti islamique marocain à la légalisation de cet acte, dans les cas extrêmes. Pour ceux qui suivent de près les activités de l’AMLAC (Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin), ce n’est pas un scoop. Le site de l’association* en parlait depuis des mois.  Curieuse d’en savoir plus, Qandisha interviewe Dr Chafik Chraïbi, Professeur de gynécologie à la faculté de médecine de Rabat, Chef de service à la maternité des Orangers au CHU de Rabat et Président de l’AMLAC.    L’avortement, un sujet jusque-là tabou au Maroc, sort de l’ombre et bénéficie de l’attention du gouvernement et des médias. Vous, qui militez depuis plusieurs années pour ce sujet, que pensez-vous de cette avancée? Nous militons depuis plusieurs années pour la libéralisation de l’avortement sous « conditions » et plusieurs débats ont été entamés autour de ce sujet mais les choses n’avançaient pas vraiment sur le plan politique. Mais depuis octobre dernier, je peux dire que nous sommes sur la bonne voie : d’abord, Mme Nouzha Skalli, ex-ministre de Développement social, de la famille et de la solidarité s’était prononcée en faveur d’une légalisation « partielle » de l’avortement et avait exprimé officiellement son souhait de faire de cette loi une priorité du gouvernement. Comme vous avez pu le constater, M. Mustapha El Khalfi, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, a confirmé aux médias que le Premier ministre souhaitait autoriser l’avortement en cas de viol et d’inceste, fait qui a été largement repris par la presse nationale et même la presse internationale puisque le New York Times y a consacré un article la semaine dernière. Aujourd’hui, on ne peut plus faire la sourde oreille...

Le syndrome d’Hubris : Quand le pouvoir rend fou ! Déc04

Le syndrome d’Hubris : Quand le pouvoir rend fou !...

Le pouvoir est une tare. A-t-on besoin d’un QI élevé pour se rendre à l’évidence ? Mais lorsqu’on est neuropsychiatre et homme politique de surcroît, l’on peut se permettre de qualifier de pathologiques certains rapports au pouvoir. Dans ses publications « The Hubris syndrome : Bush, Blair and the intoxication of power » et « In Sickness and in Power», David Owen, ex ministre britannique des Affaires étrangères, décortique la maladie du pouvoir et dresse une sémiologie précise facilitant ainsi le diagnostic de cette entité psychiatrique dont souffrent pas mal d’hommes politiques. Le syndrome d’Hubris Pourquoi Hubris ? Mot d’origine grecque, Hybris traduit la démesure. Un sentiment né de la passion déchaînée et de l’orgueil, à l’opposé de la tempérance et de la modération. Dans la mythologie grecque, la démesure est considérée comme un crime, car elle tend à faire oublier aux mortels les limites de la condition humaine.   « Le pouvoir est, par nature, criminel », me souffle le Marquis De Sade. David Owen a pu constater, lors de la très longue période de pratique politique, que certains hommes au pouvoir étaient sujets à des troubles comportementaux qui, en raison de la variété de profils étudiés, ne pouvaient être inhérents qu’au pouvoir lui-même. De longues années de recherches ont été nécessaires pour étayer ce postulat. Il en ressort que le leader hubristique est narcissique. Il se croit omnipotent et pense savoir ce qui est bon pour tout le monde et ce en toute circonstance. Il ne s’intéresse pas aux conséquences de ces actes ni aux avis contraire des autres, qui sont forcément ses ennemis (donc ceux de la nation). Il est hyperactif et agité. Si la maladie du pouvoir est forcément une maladie des gens puissants et des leaders, il serait naïf...

Sexualité : Education contre Harcèlement Nov14

Sexualité : Education contre Harcèlement...

Nous vivons dans une société où les hommes croient dur comme fer que draguer, siffler, complimenter, ou même faire des propositions sexuelles directes ou indirectes a une jeune femme, est un comportement viril et pire encore, valorisant pour elle ! Cette dernière pourrait même tomber dans ce piège croyant que si elle ne provoque aucune réaction masculine dans la rue ou au travail, elle serait moche, inintéressante ou indésirable!Ces conditionnements culturels et sociaux sont à l’origine de plusieurs incompréhensions et mésententes relationnelles entre les femmes et les hommes arabes, à des déséquilibres identitaires, des manques de confiance en soi et en l’autre, une diminution d’estime de soi et de l’autre… Bref, une considération de l’homme et de la femme en « objets » et non pas en personnes indépendantes, libres, et surtout des êtres avec des sentiments, des choix et non pas uniquement des corps physiques !   Depuis leur prime enfance, les garçons sont éduqués avec moins d’interdits que les filles, qui sont plus jugées et punies si elles s’affirmaient ou s’opposaient à une décision qu’elles n’aimaient pas, surtout si elle émanait du sexe opposé ( père, frère, oncle…), ce qui empêche celles-ci de contrer le harcèlement sexuel. Elles pourraient même se sentir responsables et en culpabiliser! Un harcèlement sexuel a des conséquences négatives sur la psychologie et le comportement social de la jeune femme qui en est victime. Elle évitera de sortir seule, se sentira moins libre pour vaquer à ses activités personnelles ou professionnelles, car elle aura peur  de subir des agressions d’harceleurs… Au fait, elle ne se sentira plus libre dans sa propre rue, sa propre ville, son propre travail… dans son propre pays !! Son rendement professionnel en sera forcement altéré, contrairement au jeune homme qui se sent à l’aise dans...