حنا محجوبة Mar28

حنا محجوبة

آخر مرة رأيتك فيها، كانت قبل موتك بثلاثة أيام.1 أذكر أنني جلست بالقرب منك على الكنبة، ربت على كتفي، وأعطيتني كيسا بلاستيكيا ملأته بالخضر والفواكه، « خذي يا صغيرتي، هذه من أجلك أخواتك ». شكرتك، وقبلت جبهتك ويدك الطاهرة، وغادرت دون أن أودعك، لأنني لم أكن أعرف أنها المرة الأخيرة التي سأراك فيها.1 جدتي محجوبة.. ما زلت أذكر كل شيء: حبك وحنانك وصبرك وحكاياتك وأغانيك وضفيرتيك الحمراوين الطويلتين. عشت معك عمرا بكامله، ورحلت بصمت تاركة وراءك شذرات من حياتك كنت تحكينها لي، بحكم أنني كنت مولعة بالقصص وأستمع إليك باهتمام بالغ…1 حنا محجوبة أخذوها من أمها بعد أن مات والدها في الحرب. في الريف، كانت العادة السائدة أن تطرد عائلة الزوج زوجة ابنهم حين يموت زوجها، ويأخذون منها أبناءها.. رعت جدتي الغنم في صغرها، وكانت تقوم بالأشغال المنزلية وعمرها أربع سنوات. عانت من استغلال عمتها لها ومن الضرب المبرح الذي كانت تتعرض له إن لم تقم بعملها كما يجب. كانت تنام على الأرض العارية، وتتغذى على التين المجفف، وتغتسل بالماء الذي ينزل من الميزاب، أي مياه الأمطار المتراكمة..عاشت جدتي محجوبة حياتها تحترق ألما على أمها التي حرمت من حنانها… أمها التي حاولت مرارا أخذ أبنائها من أعمامهم لكنها لم تفلح. أحد أبنائها هو جدي من أمي. التقت جدتي أمها بعد زواجها، كانت قد أصيبت بالصم والعمى… الوجع والدمع يقتلان.1 لكن « حنا محجوبة » عاشت ما يقارب الثمانين عاما، وكانت معروفة بنشاطها وتيقظها وذكائها وحبها للناس، لدرجة أن كل الحي الذي سكنته بكى حرقة عليها يوم موتها، ومرض جدي بعد رحيلها.. كانا قد قضيا معا 60 سنة من الزواج. جدتي تجرعت جروح حرب الريف، والذكورية، والفقر، والجهل، وفيما بعد المرض، حيث مرضت بالقلب والسكري. لكنها كانت امرأة رائعة وتقدمية وحداثية، رغم أنها لم تدخل المدرسة يوما. كانت جدتي تحب الرقص والحناء وحكي القصص وأختي الصغيرة أسماء التي تشبهها حد الجنون، وكانت تغني « إيزران...

Rahama Wright : l’entrepreneuriat équitable Avr04

Rahama Wright : l’entrepreneuriat équitable...

  Le 22 mars 2013, Rahama Wright a présenté son projet d’entrepreneuriat équitable à Dar America de Casablanca, pour faire connaitre l’action de son ONG, devant un public constitué essentiellement d’étudiants. Qandisha Magazwine est allé à la rencontre de cette entrepreneuse qui œuvre pour faire évoluer les coopératives en Afrique à travers son organisation, Shea Yeleen International. Lorsqu’on rencontre Rahama Wright, on est en admiration devant son dévouement et sa passion pour améliorer la situation des femmes rurales en Afrique de l’ouest. Au fur et à mesure de la discussion avec elle, on ressent cette énergie positive qu’elle transmet autour d’elle, ce sens de la dévotion pour un quotidien meilleur des femmes en Guinée, son pays d’origine, mais surtout la révolte qui la pousse à agir pour changer la donne : Shea Yeleen International estime que 66% du personnel derrière la production industrielle internationale sont des femmes. Elles contribuent à 50% de la production alimentaire dans le monde mais ne touchent en somme que 1% de bénéfices de leur labeur.   Shea Yeleen International : un pont entre acheteurs et producteur Pour Rahama Wright, cette quasi-absence de reconnaissance a plusieurs explications : structures patriarcales, absence d’outils qualifiant les femmes à avoir une autonomie entière et une dépendance financière, faibles infrastructures, faible niveau d’instruction. Cette situation une solution : au niveau des coopératives dans le monde rural, il n’existe pratiquement aucun lien entre producteurs et acheteurs à l’échelle de l’Afrique de l’ouest. Rahama Wright a voulu faire de Shea Yeleen ce pont liant acheteurs et productrices, créé en 2005 par ses propres moyens. Ce n’est plus un secret, le marché mondial du beurre de karité est saturé. On retrouve cette substance dans différentes gammes de produits de cosmétique et de bien-être. Mais combien de ses...

Lalla… la tolérance de nos aïeux Déc10

Lalla… la tolérance de nos aïeux...

Mon enfance franco-marocaine dans les années 60 à Marrakech fut la naissance lente et douloureuse d’une rébellion. Ballotée entre les traditions solidement ancrées d’une famille bourgeoise construisant sa fortune au lendemain de l’Indépendance et la discrète modernité d’une mère française féministe avant l’heure, j’ai vécu dans une maison où deux femmes régentaient, main dans la main, notre petit monde: ma grand-mère paternelle, femme d’un Maroc immémorial et ma mère, Parisienne cosmopolite qui avait vécu son enfance dans les fastes de l’Indochine coloniale. Maroc insolite, Islam plein de douceur parfois : ces deux femmes s’aimaient! Y-a-t-il encore au Maroc des femmes comme Lalla aujourd’hui en 2011? Elle était née probablement avec le siècle (3am l’boun…) à Marrakech et pauvre, elle devait filer la laine pour aider à subvenir aux besoins de la famille jusqu’au jour où elle tomba sur son métier à filer: on soigna son oeil blessé comme on le faisait en ce temps-là : en le recouvrant de miel… elle le perdit, et avec lui sa « valeur » sur le marché matrimonial. Ni la blancheur de sa peau, ni ses formes plantureuses ne purent la sauver d’un mariage à la sauvette avec un farouche vieillard au teint sombre, déjà marié, venu, en burnous avec sabre, de son Tafilalet natal s’établir à Marrakech. Sept enfants dont seuls un fils et une fille survécurent, normal en ces temps-là, puis elle se retrouva veuve. Quelle ne fut sa fierté de pouvoir marier sa fille Fatim-Zahra à 12 ans déjà, mais que dire de son chagrin ensuite quand la femme-enfant mourut de la fièvre puerpérale en donnant naissance – à 13 ans – à une petite-fille! Lalla, brisée de chagrin, acheta une chèvre, nourrit le bébé et s’en occupa avec ferveur jusqu’au jour où, respectueuse des convenances, elle...

Najat Anwar contre les pédophiles Nov24

Najat Anwar contre les pédophiles...

Elle était inconnue du grand public. Mais c’est en 2004 que Najat Anwar, juriste de formation, brise un grand tabou, celui de la pédophilie. En effet, pour partir en guerre contre la pédophilie, elle fonde «Touche pas à mon enfant», une association à but non lucratif. Najat a été bouleversée par l’affaire d’un enfant de trois ans qui a été abusé par le gardien de la crèche, en 2003. En 2004, le Maroc est cette fois secoué par l’affaire du pédophile et tueur en série de Taroudant. Des enfants ont subi un sort atroce puisqu’ils ont été ainsi tués et enterrés sur place par le pédophile après avoir essuyé les pires sévices sexuels. Najat, en créant l’Association «Touche pas à mon enfant», va crever l’abcès en lançant plusieurs actions de sensibilisation et une large campagne médiatique pour dénoncer toutes les formes d’abus dont sont victimes les enfants et adolescents. L’Association met un point d’honneur à porter sur la place publique les crimes perpétrés contre des enfants afin de dénoncer pareils actes et de sensibiliser la société à l’ampleur du phénomène. En effet, l’Association part en guerre contre les pédophiles nationaux, mais également contre les «pédotouristes» qui viennent au Maroc, encouragés par un certain laisser-aller. «Ma colère, ma révolte face à l’abus sexuel commis sur les enfants m’a donné le courage de me dresser contre ce fléau et de mobiliser tous les gens qui étaient aussi révoltés que moi. J’ai pensé à la Justice, à celle des enfants qui n’ont pas les moyens de se défendre et de lutter pour leurs droits». Aboutir au militantisme associatif n’était pas tellement évident dans la vie de Najat. Juriste de formation, elle fait carrière dans le commerce avant de laisser s’exprimer son engagement pour la cause des enfants....

Photo insolite Nov17

Photo insolite

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Touria Tazi : la militante des trois Rois Nov15

Touria Tazi : la militante des trois Rois...

Elle est de la fibre de ceux qui ne travaillent pas pour la gloire et la reconnaissance. Preuve en est, Touria Tazi a consacré plus de 40 ans de sa vie au social. Et durant toute cette période, la Présidente du bureau préfectoral de Casablanca fera de rares sorties médiatiques, mettant toujours en avant l’effort du comité avec lequel elle travaille plutôt que son propre parcours. Son engagement dans le domaine social dépasse largement le cadre d’une carrière : c’est l’engagement de toute une vie. Hommage donc à une grande dame qui a servi sous trois règnes ! Des crèches, des classes, des clubs de jeu, des repas, plus la tendresse et l’écoute, voilà le quotidien des enfants de la Ligue marocaine de protection de l’enfance. Au centre El Fida, on entend de loin ce rire heureux d’une enfance insouciante. Et pourtant, il s’agit d’enfants issus des familles les plus démunies qui trouvent ici une main qui les prépare pour l’avenir. Et l’une des chevilles ouvrières de la LMPE est Touria Tazi. Tout commence à Fès, où elle voit le jour au sein d’une grande famille, où elle s’imprègne des valeurs de solidarité. Elle est d’ailleurs profondément marquée par la générosité et l’exemple de son grand-père «El Aissaoui Tazi» qui n’hésitait jamais à venir en aide aux personnes en détresse. Elle est également éprise de politique, un outil qu’elle considère indispensable pour le progrès et le développement de son pays. Pendant de nombreuses années Touria a lutté pour l’indépendance du Maroc. En 1963, elle a même été choisie par le parti communiste pour représenter le Maroc au Congrès international de la Femme et quelle ne fut sa surprise de se retrouver à la même table que Valentina Terechkova, la première femme cosmonaute qui, à ce...